Category Archives: Mobilier

Record !!!

La vente aux enchères spécial design scandinave qui a eu lieu le 20 mai dernier chez Artcurial a atteint des sommets. Ainsi le fauteuil “Mod FJ49”, dit “Chieftain”, de Finn Juhl, a-t-il battu un record en France avec une estimation à 150.000-200.000 € et une vente à 262.000 €.

Ce fauteuil a été produit à 72 exemplaires et il n’en reste aujourd’hui qu’une dizaine.

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Cassina et Simon: mariage à l’italienne

En septembre dernier, Cassina reprenait en main Simoncollezione, un éditeur historique au côté le géant de la Brianza a fait ses premiers pas. L’occasion de faire fusionner deux catalogues complémentaires où les architectes tiennent les premiers rôles.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Brianza, un région de Lombaridie, est devenue en une dizaine d’années seulement le royaume du design italien. Si cette période de reconstruction était évidemment favorable à l’émergenze de nouveaux acteurs, c’est surtout l’émulation des entrepreneurs locaux qui a permis l’explosion du design industriel italien dans les fifties.

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Miroir Les Grands trans-Parents de Ma Ray (1938)

Outre leur approche technique complète et leur maîtrise de la chaine industrielle, Dino Gavina et Cesare Cassina ont un autre point commun: ces deux multi-entrepreneurs sont passionés par l’art, l’architecture et plus générlement la créativité qui accompagnait leur epoque.

Abolir la frontière entre art et design; Ces affinités électives poussent les deux faux concurrents à confonder le fabricant de luminaires Flos. C’est aussi grâce à Gavina que Cassina a pu rééditer dès 1962 le mobilier de Le Corbusier, en mettant en contact l’éditeur avec Heidi Weber, propriétaire des droits de reproduction des meubles de l’architecte.

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Table Delfi de Carlo Scarpa et Marcel Breuer (1930)

Dino gavina crée la sociéte Simon avec Maria Simoncini en 1968. Les principaux ambassadeurs eront les modèles de l’architecte vénitien Carlo Scapa dont il s’est entiché. Novatrices, ces collections marquent pour la premiere fois l’incursion poussés de l’art dans l’universe du design.

La marque Simon fait ensuite un bref passage dans le sillage du groupe Estel avant d’être reprise par Cassina en Septembre 2013.

Aujourd’hui, ce mariage permet à Cassina d’intégrer à son catalogue “I Maestri” des figures éminentes du design du XXe siecle comme Carlo Scarpa, Marcel Breuer ou Kazuhide Takahama.

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 Cassina Tables Gigognes – G. Frattini (en vente su Antique Design)

La Tulip Chair – Le pouvoir des fleurs

Siège mythique et parfaite incarnation du design de la “seconde époque du modernisme”, la Tulip Chair d’Eero Saarinen traverse le temps sans se flétrir. Retour sur un modèle de fraîcheur organique.

À sa création, la Tulip Chair fait l’effet d’une bombe ! Façon de parler, car dans le tumulte de la guerre froide, elle invite davantage à faire l’amour que la guerre ! Si le slogan n’est pas encore de mise, ses formes sensuelles annoncent bel et bien la libération sexuelle et le Flower Power de bla décennie à venir.

En 1957, Eero Saarinen est déja un architecte de renom, auteur entre autres du Jefferson Memorial à Saint Louis et la patinoire David S. Ingalls, gisantesque animal préhistorique tapi dans le port de New Haven. Coté design, après le fauteuil Grasshopper (1946-1947) et la chaise Womb (1947-1948), la Tulip chair, éditée par Knoll, le propulse au sommet de l’innovation formelle et technologique de l’époque.

Tulip Chair

 

FLOWER POWER : Composée d’un pied en aluminium et d’une coque en fibre de verre, la Tulip Chair est construite sur le même principe que le terminal TWA de l’aéroport international John F. Kennedy, de Saarinen où colonnes, poutres, voûtes et auvents fusionnent en ensemble unique. Aujourd’hui, sa coque sa coque se décline en 3 teintes. Knol, Tulip Chair, création Eero Saarinen, 68 x 59 x H 81 cm.

Poussée au milieu d’un ensemble de tabouret, table et desserte dévoilé sous le nom de Tulip Pedestral Group, sa fleur organique dessine, en guise de signe distinctif, une simplification de son support en un seul pied central, pareil à celui d’un verre de vin. Un piétement grâce auquel le designer américain d’origine finlandaise libère la maison de ce “misérable fouillis de pieds” qu’il abhorrait. Le design enveloppant de sa coque en fibre de verre marque aussi le passage d’une assise de confort, qui s’adapte à toutes les morphologies. D’un point de vue formel, on relèvera sa dimension sculpturale et la profonde cohérence des éléments qui la composent, le tout fusionnant en une forme unique.

A l’origine, la Tulip Chair n’est produite qu’en blanc. Parce qu’elle était destinée à être fabriqée en série et diffusée dans le monde entier. Saarinen la voulait suffisamment neutre pour s’adapter à les environnements. Ambition dépassée, l’objet s’accommodant de tous les espaces et styles. Un demi-siècles après sa création, l’icône fifties (dont l’esthétique avant-gardiste et visionnaire fit aussi merveille dans les intérieurs des années 1960 et 1970) est fermement enracinée dans le paysage domestique contemporain, où elle refleurit à intervalles réguliers dans les créations d’autres designers.

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TULIPE MANNEQUIN: Elle non plus n’est pas née de la dernière rosée (1965), mais comme la Tulip Chair, elle a conservé toute sa fraîcheur. L Little Tulip (F 160 à l’origine), de Pierre Paulin, est réeditée par Artifort depuis 1999. Artifort, Little Tulip, création Pierre Paulin (en vente su Antique Design)

 

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CALICE: Tout en orbes sensuels et organiques, le Eros du king Starck, crée en 1999 est un classique de Kartell. Comme un calice à la beuté de ce siège fait pour inspirer l’amour, la coque en polycarbonate transparent (ou teinté dans la masse) pivote sur un pied aluminium ou acier. Kartell, Eros, création Philippe Starck 62 x 70 H.79cm.

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DOUX PÉTALE: Présenté en 2005 au Salon du meuble de Milan, ce projet est demeuré, allez savoir pourquoi, à l’état de prototype. Gageons que son designer, Oro Ito, n’a pas dit son dernier mot et que cette belle épure au accents “saariniens” finira bien par pousser quelque part ! Oro Ito pour B&B Italia, 2005

Charlotte Perriand, incarnation de l’ élégance

Née en 1903, elle fut l’une des rares femmes architectes d’intérieur du début du XXe siècle. Considérée comme l’une des créatrices de mobilier les plus célèbres des années 1950, celle qui aurait pu devenir une décoratrice bon chic bon genre a préféré se faire embaucher, à l’âge de 24 ans, par Le Corbusier.

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La Maison au bord de l’eau, dessinée par Charlotte Perriand et édifiée à l’occasion de la Miami Art Base 2013 dans le jardin de l’hôtel Raleigh, grâce au partenariat entre Louis Vuitton et la fille de Charlotte Perriand, Pernette Perriand. Elle est à vendre chez Sotheby’s.

Avec ce dernier et Pierre Jeanneret, elle forme un trio de génie. Après avoir réalisé de nombreux meubles en métal – bibliothèques, bahuts, armoires…-, elle se tourne davantage vers le bois et s’installe durant quatre ans au Japon. Le bambou, la paille et les branches d’arbres deviennent ses matériaux de prédilection.

Décédée en 1999, elle laisse une ouvre belle, fonctionnelle et d’une grande justesse.

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Bibliothèque “Nuage” de Charlotte Perriand chez Cassina, qui détient les droits mondiaux de l’architecte designer.

La Laque se dévoile 13 Février / 8 Juin 2014

www.lesartsdecoratifs.fr

Le musée des Arts décoratifs retrace l’histoire de la laque française au XVIIe siècle, à travers la saga des frères Martin. Près de trois cents objets, du plus modeste au plus luxueux, y sont présentés.

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Les laques importées de Chine et du Japon connaissent un tel engouement à la fin du XVIIe siècle en Europe que des artisans anglais, allemands, hollandais e français ne tardent pas à vouloir imiter. À Paris, ce sont les peintres doreurs-vernisseurs qui se lancent dans l’aventure et, parmi eux, les frères Martin, installés dans les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin. Dès le début du XVIIIe siècle, ils acquirent une formidable renommée pour leurs décors dont la brillance et la profondeur rivalisent avec ceux d’Extrême-Orient.VM192-quintuple

Fragment de décor de berline ou de clavecin, anonyme, Paris, vers 1745Bois, préparation, fond or, décor peint à l’huile vernie polie, laque transparente. 
Paris, musée des Arts décoratifs 

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Boîte de toilette, anonyme, Paris, vers 1750

Bois, préparation, laque bleue, décor en léger relief de laque avec poudre d’or, laques brune et rouge, bronze doré.  Collection privée

Le patronyme des Martin s’attache alors définitivement à la technique qu’ils mettent au point, puis à l’ensemble des laques produites en France. Réalisée en collaboration avec le Lackkunst Museum de Münster, en Allemagne, l’exposition au musée des Arts décoratifs se concentre, film à l’appui, sur l’étude scientifique de ces fameux décors en vernis Martin dont elle dévoile les secrets. Jamais signés, ils accompagnent l’art de vivre au Siècle des lumières et collent à son esprit comme en témoingnent les trois cents objets présentés dans la grande nef du musée : des meubles et des panneaux de boiseries, des instruments de mesure et de musique, des boîtes et des étuis, des carrosses et des berlines.

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 Harpe, facteurs : Georges Cousineau (1733-1800), Paris, vers 1783Caisse en érable à 6 côtes, vernis Martin : préparation, laque verte ; table d’harmonie en sapin, décor à l’huile vernie polie, console recouverte de laque verte et dorure, laque transparente ; colonne en bois sculpté et doré, laque verte.

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Rafraîchissoir à verres, anonyme, Paris, vers 1770Tôle, préparation laque bleue, décor peinture à l’huile et à l’or, laque transparente, intérieur en laque blanche corrodée, poignée de fer, vernis couleur d’or. 

Des trésors de raffinement dont l’iconographie s’éloigne peu à peu des chinoiseries et des modèles asiatiques en rouge et noir. Les fonds jaune, bleu, vert, blanc ou or les supplantent et la laque française finit de trouver sa propre identité en assimilant l’art des peintres de son époque comme Jean Baptiste Greuze et Oudry, François Boucher, Le Prince ou Joseph Vernet.

Merveilles d’Asie sur antiquitedeign.fr

 

Do you like “bugs” ?

 

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J’ai trouvé cette table basse très décoratif (arrivera dans les prochains jours), je n’ai pas pu résister à mettre des images.

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La “Beetle” table basse ca. 1970 a été créée en laiton et pierre par le célèbre sculpteur français Jacques Duval Brasseur. Prétendu être en parfait état original vintage, cette belle table basse s’allume pour ajouter un éclat et son style doux à votre espace.

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Très élégante, la table basse mesure 33cm de haut, 72cm de profondeur et 125 cm de long. Les matériaux utilisés pour créer la table sont bronzés patine métallique et la pierre de cristal. Le plateau en verre se trouve élégamment sur ​​le dendroctone éclairage.

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“I love it…”

Ligne Roset

Début sous soleil

En 1860, Antoine Roset s’établit à Ouissat, près de Pont-d’Ain pour façonner des marches d’ombrelles. Las ! L’accessoire féminin passe de mode à la fin du XIXe siècle. Il lui faut se reconvertir.

L’ébéniste recycle ses machines à bois et son stock de hêtre, noyer, orme dans la fabrication de pieds de chaises. Bientôt il produit des sièges complets, et fournit en mobilier de style les collectivités locales, collèges et lycée, cités universitaires… Petit artisan deviendra grand durant la reconstruction de l’après-guerre. L’âge d’or des marchés public. Ses premières créations modernes, sont inspirées des modèles scandinaves.

Révolution après 1968

Nous voilà dans les Trente Glorieuses. On ne regarde plus vers le passé. Place à la nouveauté ! La période vit une effervescence créative.

Jean Roset, petit-fils du fondateur, réoriente l’activité vers la clientèle privée, nouveau changement de cap. Depuis le barricades, un vent de liberté a soufflé, l’heure est à la décontraction. Plus question de s’asseoir, raide entre deux accoudoirs, sur une bergère copie de Louis XV ! Les jeunes se vautrent. La mousse fait son entrée dans le salon. Un matériau de rembourrage ? Qu’importe ! on le laisse apparent. En ne recouvrant plus la mousse de tissu, Roset gagne du temps et de l’argent.

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“Asmara” est lancé, un sofa modulable, en stretch, aux formes concaves qui épousent voluptueusement la forme du corps.

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Voici “Togo”, un canapé-coussin, capitonné, sans structures apparentes. “Togo” n’est pas un siège, c’est un icône ! Les Frustrés croqués par Claire Bretécher y sont affalés. Le modèle continue aujourd’hui de se vendre ; il en fut produit 1 200 000 exemplaires depuis 1973. Une date clé pour notre industriel français : cette année-la, il lance la première boutique à l’enseigne Ligne Roset. Non seulement il fabrique, non seulement il édite, mais aussi il distribue ses productions, c’est sa force. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Résultat :  800 magasins dans 71 pays !

Le temps des designers

Le fameux “Togo” fut conçu par Michel Ducaroy, jeune diplômé des Beuw-Arts de Lyon. Après lui, quelque soixante-dix créateurs ont collaboré aven l’entreprise – débutants fraîchement sortis de l’école ou stars mondiales. La maison mise, en effet, sur la création. Michel Roset y veille tandis que son frère Pierre est aux finances. A l’évidence, Michel a l’esprit ouvert ; pour renouveler son catalogue, il a sollicité des architectes, Jean Nouvel, Jacques Ferrier, des designers, Pierre Charpin, Philippe Nigro, Inga Sempé, Ronan et Erwan Bouroullec… Ces derniers qui avaient déja remporté un succès avec le canapé “Facett”, ont été nommés dernièrement Createurs de l’année 2011 au salon Maison et Objet et ceci à propos de “Ploum”, sofa moelleux, presque organique, au nom rigolo. Décidément, ces jeune Bretons ont le vent en poupe.

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“Adieu pétards, bonjour cigares !”

“Bourgeois d’accord. Petit jamais !” , déclare cette accroche publicitaire en 1994. “Pour faire entrer des idées dans son salon, il y a mieux que la télevision”, énonce ce slogan deux ans plus tard. La communication de Roset se veut audacieuse. Déjà, dans les années 1960, l’industriel a fait appel à Jacques Séguéla, si en vogue à l’époque, qui mit en scène une femme assise en tailleur en train d’écosser des petits pois dans le living-room… Etrange vision de la ménagère libérée !

Le mot d’ordre de Ligne Roset ? Oser !

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La cote du Design Brésilien

Malgré des influences “modernistes”, puis scandinaves, il possède une identité très spécifique. Jusqu’aux années 1960, le Brésil connaît un boom économique. Brasilia sort de terre. À l’inverse des Scandinaves, qui créent des pièces en quantité pour les plus grand nombre, les riches Brésiliens exigent des meubles bourgeois, imposant, confortables, sensuels, aux volumes nets. On travaille des bois très durs, au toucher incomparable, issus de forêt tropicale – cacarda de Bahia, caviuna, marfim, imbuia… -, dont l’usage est aujourd’hui très réglementé. C’est l’âge d’or pour les architectes et les designers. L’arrive de la dictature y met un terme.

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1961 Fauteuil Mole par Sergio Rodrigues.

C’était une marchandise produite en petite quantité. En Europe, excepté dans de rares galeries et il ne existe très peu de rééditions. Le travail d’ébénisterie et la rareté des bois rendent ces meubles trop cher à refaire.

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1970 Sofa en palissandre et acier chromé par Jorge Zalszupin

Il reste d’accessible des pièces anonymes. Il ne faut pas hésiter à se les offrir si le bois est beau et les détails d’ébénisterie soignés. Elles ne se dévalueront jamais !

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1947 Chaise longue rocking-chair par Joaquim Tenreiro

Table basse en palissandre brésilien Jacaranda avec plateau original en travertin par Percival Lafer sur antiquedesign.fr