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Fondazione Prada

Est-ce pa rce que, comme le disait Jean Cocteau, “les Italiens sont des Français de bonne humeur”, que nous aimons tant ce pays, ses paysages, ses designers, ses artistes, ses stylistes, sa cuisine, sa langue ?

Quelle plus belle introduction aurions-nous pu trouver à ce tour d’horizon de l’élégance à l’italienne que l’ouverture de la Fondazione Prada ?

1900 m2 consacrés à la collection d’art contemporain que la patronne du groupe, Miucia Prada, a constituée depuis 30 ans.

Le bâtiment, une ancienne distillerie en péripherie de Milan, a été entièrement réhabilité par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas. Quant au café, le Bar Luce, il a été imaginé par le réalisator Wes Anderson.fondazione_prada_bas_princen_2

Cassina et Simon: mariage à l’italienne

En septembre dernier, Cassina reprenait en main Simoncollezione, un éditeur historique au côté le géant de la Brianza a fait ses premiers pas. L’occasion de faire fusionner deux catalogues complémentaires où les architectes tiennent les premiers rôles.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Brianza, un région de Lombaridie, est devenue en une dizaine d’années seulement le royaume du design italien. Si cette période de reconstruction était évidemment favorable à l’émergenze de nouveaux acteurs, c’est surtout l’émulation des entrepreneurs locaux qui a permis l’explosion du design industriel italien dans les fifties.

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Miroir Les Grands trans-Parents de Ma Ray (1938)

Outre leur approche technique complète et leur maîtrise de la chaine industrielle, Dino Gavina et Cesare Cassina ont un autre point commun: ces deux multi-entrepreneurs sont passionés par l’art, l’architecture et plus générlement la créativité qui accompagnait leur epoque.

Abolir la frontière entre art et design; Ces affinités électives poussent les deux faux concurrents à confonder le fabricant de luminaires Flos. C’est aussi grâce à Gavina que Cassina a pu rééditer dès 1962 le mobilier de Le Corbusier, en mettant en contact l’éditeur avec Heidi Weber, propriétaire des droits de reproduction des meubles de l’architecte.

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Table Delfi de Carlo Scarpa et Marcel Breuer (1930)

Dino gavina crée la sociéte Simon avec Maria Simoncini en 1968. Les principaux ambassadeurs eront les modèles de l’architecte vénitien Carlo Scapa dont il s’est entiché. Novatrices, ces collections marquent pour la premiere fois l’incursion poussés de l’art dans l’universe du design.

La marque Simon fait ensuite un bref passage dans le sillage du groupe Estel avant d’être reprise par Cassina en Septembre 2013.

Aujourd’hui, ce mariage permet à Cassina d’intégrer à son catalogue “I Maestri” des figures éminentes du design du XXe siecle comme Carlo Scarpa, Marcel Breuer ou Kazuhide Takahama.

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 Cassina Tables Gigognes – G. Frattini (en vente su Antique Design)

Ligne Roset

Début sous soleil

En 1860, Antoine Roset s’établit à Ouissat, près de Pont-d’Ain pour façonner des marches d’ombrelles. Las ! L’accessoire féminin passe de mode à la fin du XIXe siècle. Il lui faut se reconvertir.

L’ébéniste recycle ses machines à bois et son stock de hêtre, noyer, orme dans la fabrication de pieds de chaises. Bientôt il produit des sièges complets, et fournit en mobilier de style les collectivités locales, collèges et lycée, cités universitaires… Petit artisan deviendra grand durant la reconstruction de l’après-guerre. L’âge d’or des marchés public. Ses premières créations modernes, sont inspirées des modèles scandinaves.

Révolution après 1968

Nous voilà dans les Trente Glorieuses. On ne regarde plus vers le passé. Place à la nouveauté ! La période vit une effervescence créative.

Jean Roset, petit-fils du fondateur, réoriente l’activité vers la clientèle privée, nouveau changement de cap. Depuis le barricades, un vent de liberté a soufflé, l’heure est à la décontraction. Plus question de s’asseoir, raide entre deux accoudoirs, sur une bergère copie de Louis XV ! Les jeunes se vautrent. La mousse fait son entrée dans le salon. Un matériau de rembourrage ? Qu’importe ! on le laisse apparent. En ne recouvrant plus la mousse de tissu, Roset gagne du temps et de l’argent.

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“Asmara” est lancé, un sofa modulable, en stretch, aux formes concaves qui épousent voluptueusement la forme du corps.

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Voici “Togo”, un canapé-coussin, capitonné, sans structures apparentes. “Togo” n’est pas un siège, c’est un icône ! Les Frustrés croqués par Claire Bretécher y sont affalés. Le modèle continue aujourd’hui de se vendre ; il en fut produit 1 200 000 exemplaires depuis 1973. Une date clé pour notre industriel français : cette année-la, il lance la première boutique à l’enseigne Ligne Roset. Non seulement il fabrique, non seulement il édite, mais aussi il distribue ses productions, c’est sa force. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Résultat :  800 magasins dans 71 pays !

Le temps des designers

Le fameux “Togo” fut conçu par Michel Ducaroy, jeune diplômé des Beuw-Arts de Lyon. Après lui, quelque soixante-dix créateurs ont collaboré aven l’entreprise – débutants fraîchement sortis de l’école ou stars mondiales. La maison mise, en effet, sur la création. Michel Roset y veille tandis que son frère Pierre est aux finances. A l’évidence, Michel a l’esprit ouvert ; pour renouveler son catalogue, il a sollicité des architectes, Jean Nouvel, Jacques Ferrier, des designers, Pierre Charpin, Philippe Nigro, Inga Sempé, Ronan et Erwan Bouroullec… Ces derniers qui avaient déja remporté un succès avec le canapé “Facett”, ont été nommés dernièrement Createurs de l’année 2011 au salon Maison et Objet et ceci à propos de “Ploum”, sofa moelleux, presque organique, au nom rigolo. Décidément, ces jeune Bretons ont le vent en poupe.

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“Adieu pétards, bonjour cigares !”

“Bourgeois d’accord. Petit jamais !” , déclare cette accroche publicitaire en 1994. “Pour faire entrer des idées dans son salon, il y a mieux que la télevision”, énonce ce slogan deux ans plus tard. La communication de Roset se veut audacieuse. Déjà, dans les années 1960, l’industriel a fait appel à Jacques Séguéla, si en vogue à l’époque, qui mit en scène une femme assise en tailleur en train d’écosser des petits pois dans le living-room… Etrange vision de la ménagère libérée !

Le mot d’ordre de Ligne Roset ? Oser !

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Muller Frères Lunéville

Ces noms sont liés à jamais à l’histoire de Lunéville, par les obvenir chatoyant et coloré des chefs d’oeuvres sortis de leurs ateliers.

Etonnant e aura été l’odyssée d’une famille qui compta huit garçons et une fille nés à Kalhausen, dans la Lorraine du pays de Bitche. La Cristallerie de Saint-Louis était toute proche. Elle accueillit les aînés là, ils s’initièrent aux techniques des arts du feu.

Mais en 1885, quand approcha le moment de revêtir l’uniforme allemand pour satisfaire aux exigences du service militaire. Désiré et Eugène passèrent la frontière et vinrent travailler dans les ateliers du prestigieux Emile Gallé à Nancy. Ils y devinrent maîtres dans la décoration du verre. Tour à tour Henri, Victor et Pierre suivirent leurs traces et entrèrent en apprentissage chez le maître-verrier lorrain.

Un jour vint où, passé par le goût de l’entreprise, Henri incita ses frères à voler de leurs propresa il esetà s’installerà Lunéville.
Ils ouvrirent un atelier rue Sainte-Anne et y décorèrent des verres, soufflés, sous leur direction, à la gobeleterie Hainzelin, établie à quelques kilomètres de Lunéville, dans la Commune de Croismare.
Alors naquirent des vases dont les parois étaient constituées par des couches superposées de verres de divers escorteurs, dont le nombre–exploit remarquable-pouvaits’éleverjusqu’àsept.

Inspirées par l’école de Nancy, la faune et la flore stylisées forment un décor qui va jusqu’à rappeler l’art de l’Extême-Orient: insectes, chauve-souris, papillons s’insèrent parmi les tiges, les fleurs et les fruits de la vigne, du marronnier, de l’iris, de lorchidée, du charbon,du roseau…Les ens du dessin s’associe à la science des dégradés. Parfois une citation, un vers de Victor Hugo, allonge leurs entrelacs dans le décor végétal, comme entémoigne un vase-cornetau Musée del’école de Nancy.

Sans cesse, est recherchée la perfection, au prix de la destruction demainte pièce jugée indigne d’être proposée aux acheteurs, si bien qu’il reste peu d’exemplaires de cette première production.
La renommée acquise par la famille amène Désiré à répondre en 1910, à l’appel de la cristallerie du Val Saint-Lamberten BELGIQUE.
Elle lui demande de mettre au point une technique particulière, la fluo gravure: préférée à la composition de verres injecté de poussières d’émaux, utilisée chez Gallé et chez Daum, elle allié l’éraillage à la gravure à l’acide.

Les autres frères, demeurés Lunéville, sétaient installés rue de Barre, pourmettre en application, sur un mode semi-industriel, leur procédé devenu célèbre, lagravure àl’acide.

Mais la guerre éclate quatre années plus tard. Eugène est tué à Lunéville, libérée après une occupation Allemandes qui durera trois semaines, demeurera durant quatre longues années à quinze kilomètres des lignes où s’était fixé le front. Emile s’en va travailler à Choisy-le-Roi comme graveur à la molette, il chercha plus tard fortune en Italie. Jean, Auguste et Camille sont engagés à Sèvres, chez Houdaille. Le premier se fixe ensuite à Choisy-le Roi.

En 1919, l’usine Hainzelin est à vendre. Les frères Muller l’achètent. La griffe qui jusqu’en 1914, indiquait « Muller Croismare près de Nancy » gravée à la pointe où à la molette, ou signée à l’or, devient « Muller Frères Lunéville ». La France renaît au-delà de l’épreuve tragique qui l’a décimée. Toute l’inspiration, qui fit briller son génie dans le domaine des arts depuis tant de siècles, survit et reprend un nouvel élan. Elle resplendit, en 1925, à l’exposition des arts décoratifs. Les frères Muller y sont présents et leurs créations y connaissent un vif succès. Leur production se développe et leur entreprise prend un rythme industriel. Le nombre des fours est porté de un à quatre. L’équipement des ateliers est perfectionné. Un programme de construction des cités ouvrières est réalisé pour assurer un logement au personnel qui atteint le chiffre 350.

Les « Grandes Verreries de Croismare et les Verreries d’art Muller Frères réunies » appliquent la technique des pigments, incorporés entre deux couchés de verres, aux lampes, aux appliques, aux plafonniers, aux vases qui vont décorer tant de foyers en France et bien au-delà des frontières. Les Frères Muller prennent place parmi les grands maîtres-verriers de l’époque.

Mais voici qu’approche la grave crise économique en 1930. L’époque est rude pour les artistes mal armés pour se défendre dans les impitoyables compétitions de marché. Les barrières douanières s’élèvent ; les exportations deviennent difficiles, et même impossibles. Il faut réduire l’importance du personnel, ramené de 350 à 250, à Croismare, et de 100 à 80, dans les ateliers de Lunéville, qui avaient été construits sur un terrain situé rue Sébastien Keller. Les Allemands les occupèrent durant quatre années au cours de la deuxième guerre mondiale.

Les frères Muller, abandonnés par leurs actionnaires, avaient du renoncer en 1934, à exercer leurs responsabilités dans la firme qui leur devait la vie. Leurs enfants voulurent cependant prolonger les traditions familiales en créant la société Georges et Marcel Muller qui installa un atelier place du Château afin d’y mettre en oeuvre la taille du cristal à la fraise et au burin.

La mort de Désiré mit fin, en 1952, à une épopée qui laisse le souvenir enchanteur des jeux de la lumière et de la couleur dans les pièces sorties du feu et traitées avec un goût admirable. Elles sont la joie des collectionneurs qui les recherchent avidement ; elles sont une des parures des musées qui gardent le témoignage de l’âge trop éphémère de Frères Muller à Lunéville.

Les pièces sont signées de plusieurs façons :

– Muller Croismare, pour les pièces produites dans la verrerie Hinzelin (avant 1914)

– Muller Frères Lunéville (à partir de 1919)

– Muller Fres, Muller Fres Lunéville (des pièces authentiques portent bien cette signature, mais la raison de cette variante n’est pas connue)

– GV de Croismare ( signifiant “grande verrerie de Croismare”) correspondent à des pièces également produites par les frères Muller, vraisemblablement dans les années 1910-1920.

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Fritz Hansen, design scandinave

Plus  de 140 ans au compteur: fondée en 1872, la firme danoise Fritz Hansen, leader des fabricants de meuble au Danemark, s’ouvrit très tôt à la création en invitant des pointures du calibre de Kaare Klint, Hans . Wegner et, dès 1934, Arne Jacobsen avec qui elle forgera son renom mondial.

Longtemps familiale et dynastique, muée en 2000 en Republic of Fritz Hansen, la firme inscrit aussi en catalogue des références signées Verner Panton, Vico Magistretti, Kasper Salto, Jorn Utzon ou Todd Bracher…

Lampe de table Kaiser Idell 6631 Luxus,  1936  – Christian Dell (1893-1974)

lampe-de-table-kaiser-idell-modele-6631Orfèvre allemand ayant participé aux enseignements du Bauhaus au début des années 1920, Christian Dell fut le conceptor d’une lampe de bureau, la 6631 Luxus apparue en 1936Kaiser est l’ultime emplette industrielle de Republic of Fritz Hansen.

China Chair, 1944 – Hans J. Wegner (1914-2007)

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Expression parfaite du luxe spartiate cher à Hans J. Wegner, et essence du design danois est produite sans interruption depuis 1944 par Fritz Hansen

Chaise Ant, 1952 – Arne Jacobsen

chaise-fourmiMyren en danois, Fourmi en français. Ou le coup de génie du design danois moderne. Conçue en contreplaqué moulé -une coque- et pieds tubulaires par Arne Jacobsen, la Fourmi fut initialement dessinée et prévue pour la collectivité, suite à une commande de la firme pharmaceutique Novo Nordisk pour sa cantine d’entreprise. De prime abord, Fritz Hansen, où Jacobsen œuvrait depuis 1934, ne crut pas au potentiel industriel de cette chaise empilable estimée trop d’avant garde. Bingo: elle a été produite à plus d’un million d’exemplaires. Et aussi follement copiée. Version à trois o quatre pattes, palette de couleurs infinie.

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