Un moment de grâce – Notre-Dame de Créteil

L’ancienne cathédrale datait de 1976 et avait été construite en pleine citémania par Charles-Gustave Stoskopf. Mais on ne la voyait plus : trop engloutie dans les immeubles alentour, pas assez spacieuse…

Angrandie par l’agence Architecture-Studio dans une belle forme en amphithéâtre, on la verra de partout, grâce à son nouveau clocher haut de 25 mètres et, surtout, grâce à la double coque en bois qui lui sert de dôme – inspirée par l’image de deux mains jointes en prière -, se refermant sur un très long vitrail zénithal signé Udo Zembok.

Comme un jeu de géométries circulaires qui se déploient à la verticale.

Diocèse de Créteil – 2, avenue Pasteur-Vallery-Radot – 94000 Créteil, creteilcathedrale.fr


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Maxime Old – transition de style

Créateur discret mais trés présent de l’aprés guerre, le Français Maxime Old (1910 – 1991) est un “enfant de la balle”, descendant d’une famille débénistes.

Architecte d’interieur et designer, il a porté la transition entre le style 1930 et le design moderne.

Néoclassique à ses débuts, il privilégie le petit mobilier à transformation – bureaux, coiffeuses, volontiers féminins – dans un souci de fonctionnalité et d’élégance. Et s’oriente, dés la fin des années 1940, vers le néorustique pour, vers 1960, passer à l’aciér brossé, au Nylon ou à la laque, prouvant sa faculté à s’adapter à l’air du temps.

On lui doit la décoration de nonombreux paqueboats et hotéls de luxe ainsi que d’ambassades.Maxime-Old_enfilade

Fondazione Prada

Est-ce pa rce que, comme le disait Jean Cocteau, “les Italiens sont des Français de bonne humeur”, que nous aimons tant ce pays, ses paysages, ses designers, ses artistes, ses stylistes, sa cuisine, sa langue ?

Quelle plus belle introduction aurions-nous pu trouver à ce tour d’horizon de l’élégance à l’italienne que l’ouverture de la Fondazione Prada ?

1900 m2 consacrés à la collection d’art contemporain que la patronne du groupe, Miucia Prada, a constituée depuis 30 ans.

Le bâtiment, une ancienne distillerie en péripherie de Milan, a été entièrement réhabilité par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas. Quant au café, le Bar Luce, il a été imaginé par le réalisator Wes Anderson.fondazione_prada_bas_princen_2

Record !!!

La vente aux enchères spécial design scandinave qui a eu lieu le 20 mai dernier chez Artcurial a atteint des sommets. Ainsi le fauteuil “Mod FJ49”, dit “Chieftain”, de Finn Juhl, a-t-il battu un record en France avec une estimation à 150.000-200.000 € et une vente à 262.000 €.

Ce fauteuil a été produit à 72 exemplaires et il n’en reste aujourd’hui qu’une dizaine.

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Pierre Guariche – le précurseur

Pierre Guariche (1926-1995) est l’un des premiers designers français. Ses sièges et luminaires à l’élégance radicale et fonctionnaliste témoignent den son souci de la juste proportion.

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“La proportion, la proportion, la proportion”, telle pourrait être la devise de Pierre Gauriche. Descendant d’orfèvres parisiens, il été à bonne école pour le dessin, celle des ARts décoratifs promotion 1949. Il est emabuché avec son condisciple Joseph-ANdré Motte à l’agence de leur professeur Marcel Gascoin. Gauriche s’installe en solo dès 1951. Autor de lui, ni éditeurs ni distributeurs.

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Applique G1 (1951, Disderot)

Sa visibilité pousse au Salon des artistes décorateurs et à celui des arts ménagers. D’abord édité par la galerie Mai, Guariche participe aux débuts du label Airborne. Tout en bois et métal, son systeme de mobilier Prefacto la distingue. Formé au meilleur de meuble, Guariche veut ” produire en série des meubles de bon goût au prix des meubles de mauvais goût “, comme le rappelle le galeriste Patrick Favardin.

 201210131210301139397191510411Chaise Tonneau (1952, Steiner)

D’où ses créations pour les marques Meubles T.V. ou Steiner…Dans ses sièges et luminaires, tout a une raison d’être. En revanche, ses luminaires ne seront jamais grand public. Pour le galeriste Pascal Cuisinier, Guariche a inventé un nouveau type de luminaires. Il fonde ensuite l’Atelier de Recherche Plastique avec Motte et Mortier, une force de proposition pour les industriels entre concours et expositions. Le trio se sépare en 1957, chacun préférant satisfaire ses commandes en solo. Guariche devient alors directeur artistique du label belge Meurop.

Dans les années 60 et 70, il fait plus de bureaux et de magasins. Il travaille sur l’hôpital de Firminy avec Le COrbusier, la station de ski de La Plagne, la préfecture d’Ivry (1971) et le TGI de Créteil (1978). Ces dernières années, Guariche est revenu en grâce sur le marché du vintage.

Le couleur selon Sonia Delaunai

“Sonia Delaunay, Les Couleurs de l’abstraction” Musée d’art moderne de la ville de Paris. Jusqu’au 22 février 2015

Vive les mélanges ! La papesse de la couleur fait vibrer les murs du MaM. Et ça déménage ! Avec elle, la lumière prend un sacré coup de jeune, même si sa démarche est toujours fondée sur les principes de l’abstraction.

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Vous trouvez l’art abstrait nébuleux ? Aucune inquiétude avec Sonia, qui n’a cessé, tout au long d’un XXe siècle qu’elle a traversé avec foufue, d’approcher des domaines que l’art s’était jusqu’alors interdits. Textile, papiers peints, mosaïques, la créatrice n’a aucun tabou, pas même les carrosseries de voitures de course, qu’elle recouvre de ses ronds ou rectangles de culeurs contrastées. C’est d’une absolue moderinité.

Paris accueille une rétrospective de cette artiste écletique qui n’a cessé de faire dialoguer l’art abstrait avec la mode et les objets déco. Audacieux !

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Une femme avant-gardiste. Née dans la région d’Odessa e 1885, Sonia Terk débarque à Paris à 20 ans pour suivre des études artistique. D’abord attirée par Cézanne et Gaughin, elle s’éloigne du fauvisme après sa rencontre avec Robert Delaunay, théoricien de l’abstraction, avec qui elle se marie, et dont elle épouse aussi les idées.

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Dès 1918, elle décline ses recherches sur la couleur dans une boutique d’accessoires à Madrid, Casa Sonia, puis à l’exposition internationale de 1925 qui signe, à Paris, l’acte de naissance de l’Art deco.

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Jusqu’à sa disparition en 1979, Sonia Delauney cultivera avec poésie le dialogue entre l’art abstrait et les objets du quotidien.

Gino Sarfatti – Homme des lumières

Ce qui me fascine chez Sarfatti, c’est qu’il ne pensait qu’à une chose: éclairer avec le minimum.

Venu par hasard à la création de lampes, aprés des études avortées d’ingenieur naval, lui se définissait comme un vrai puriste: “Je ne suis jamais ibtéressé à la forme, sauf celle de l’ampoule à partir de laquelle je dois créer une terminaison, un soutien;”

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Gino Sarfatti excelle dans l’art de la synthèse formelle. Cet esprit intuitif va à l’essentiel, avec pour priorité d’experimenter les innovations de son temps, technologies et materiaux, au service de la lumière et de sa réflexion.

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Il teste, avec un plasir non feint, le Perspex dès 1948, et hisse les couleurs sur un lustre à pastilles mobiles. Puis, place au Pexiglas que Sarfatti sublimera en 1972 avec sa magistrale installation en “nuages” dans le théâtre Regio de Turin. De même, les nouvelles sources lumineuses sont un terrain fertile. Depuis les néons en 1954, avec son longiligne lampadaire “1063” jusqu’aux premiers alogènes en 1971, avec la lampe “607”

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L’esthétique de Sarfatti avait pour principe premier de coller aux dernieres technologies de son epoque, c’est pour cet raison je n’aime pas les réédiions modernes; avec des Leds, ses formes auraient indubitablement été autres.

Expérimenter et innover : Gino Sarfatti a toujours eu une lumière d’avance.

Cassina et Simon: mariage à l’italienne

En septembre dernier, Cassina reprenait en main Simoncollezione, un éditeur historique au côté le géant de la Brianza a fait ses premiers pas. L’occasion de faire fusionner deux catalogues complémentaires où les architectes tiennent les premiers rôles.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Brianza, un région de Lombaridie, est devenue en une dizaine d’années seulement le royaume du design italien. Si cette période de reconstruction était évidemment favorable à l’émergenze de nouveaux acteurs, c’est surtout l’émulation des entrepreneurs locaux qui a permis l’explosion du design industriel italien dans les fifties.

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Miroir Les Grands trans-Parents de Ma Ray (1938)

Outre leur approche technique complète et leur maîtrise de la chaine industrielle, Dino Gavina et Cesare Cassina ont un autre point commun: ces deux multi-entrepreneurs sont passionés par l’art, l’architecture et plus générlement la créativité qui accompagnait leur epoque.

Abolir la frontière entre art et design; Ces affinités électives poussent les deux faux concurrents à confonder le fabricant de luminaires Flos. C’est aussi grâce à Gavina que Cassina a pu rééditer dès 1962 le mobilier de Le Corbusier, en mettant en contact l’éditeur avec Heidi Weber, propriétaire des droits de reproduction des meubles de l’architecte.

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Table Delfi de Carlo Scarpa et Marcel Breuer (1930)

Dino gavina crée la sociéte Simon avec Maria Simoncini en 1968. Les principaux ambassadeurs eront les modèles de l’architecte vénitien Carlo Scapa dont il s’est entiché. Novatrices, ces collections marquent pour la premiere fois l’incursion poussés de l’art dans l’universe du design.

La marque Simon fait ensuite un bref passage dans le sillage du groupe Estel avant d’être reprise par Cassina en Septembre 2013.

Aujourd’hui, ce mariage permet à Cassina d’intégrer à son catalogue “I Maestri” des figures éminentes du design du XXe siecle comme Carlo Scarpa, Marcel Breuer ou Kazuhide Takahama.

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 Cassina Tables Gigognes – G. Frattini (en vente su Antique Design)

La Tulip Chair – Le pouvoir des fleurs

Siège mythique et parfaite incarnation du design de la “seconde époque du modernisme”, la Tulip Chair d’Eero Saarinen traverse le temps sans se flétrir. Retour sur un modèle de fraîcheur organique.

À sa création, la Tulip Chair fait l’effet d’une bombe ! Façon de parler, car dans le tumulte de la guerre froide, elle invite davantage à faire l’amour que la guerre ! Si le slogan n’est pas encore de mise, ses formes sensuelles annoncent bel et bien la libération sexuelle et le Flower Power de bla décennie à venir.

En 1957, Eero Saarinen est déja un architecte de renom, auteur entre autres du Jefferson Memorial à Saint Louis et la patinoire David S. Ingalls, gisantesque animal préhistorique tapi dans le port de New Haven. Coté design, après le fauteuil Grasshopper (1946-1947) et la chaise Womb (1947-1948), la Tulip chair, éditée par Knoll, le propulse au sommet de l’innovation formelle et technologique de l’époque.

Tulip Chair

 

FLOWER POWER : Composée d’un pied en aluminium et d’une coque en fibre de verre, la Tulip Chair est construite sur le même principe que le terminal TWA de l’aéroport international John F. Kennedy, de Saarinen où colonnes, poutres, voûtes et auvents fusionnent en ensemble unique. Aujourd’hui, sa coque sa coque se décline en 3 teintes. Knol, Tulip Chair, création Eero Saarinen, 68 x 59 x H 81 cm.

Poussée au milieu d’un ensemble de tabouret, table et desserte dévoilé sous le nom de Tulip Pedestral Group, sa fleur organique dessine, en guise de signe distinctif, une simplification de son support en un seul pied central, pareil à celui d’un verre de vin. Un piétement grâce auquel le designer américain d’origine finlandaise libère la maison de ce “misérable fouillis de pieds” qu’il abhorrait. Le design enveloppant de sa coque en fibre de verre marque aussi le passage d’une assise de confort, qui s’adapte à toutes les morphologies. D’un point de vue formel, on relèvera sa dimension sculpturale et la profonde cohérence des éléments qui la composent, le tout fusionnant en une forme unique.

A l’origine, la Tulip Chair n’est produite qu’en blanc. Parce qu’elle était destinée à être fabriqée en série et diffusée dans le monde entier. Saarinen la voulait suffisamment neutre pour s’adapter à les environnements. Ambition dépassée, l’objet s’accommodant de tous les espaces et styles. Un demi-siècles après sa création, l’icône fifties (dont l’esthétique avant-gardiste et visionnaire fit aussi merveille dans les intérieurs des années 1960 et 1970) est fermement enracinée dans le paysage domestique contemporain, où elle refleurit à intervalles réguliers dans les créations d’autres designers.

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TULIPE MANNEQUIN: Elle non plus n’est pas née de la dernière rosée (1965), mais comme la Tulip Chair, elle a conservé toute sa fraîcheur. L Little Tulip (F 160 à l’origine), de Pierre Paulin, est réeditée par Artifort depuis 1999. Artifort, Little Tulip, création Pierre Paulin (en vente su Antique Design)

 

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CALICE: Tout en orbes sensuels et organiques, le Eros du king Starck, crée en 1999 est un classique de Kartell. Comme un calice à la beuté de ce siège fait pour inspirer l’amour, la coque en polycarbonate transparent (ou teinté dans la masse) pivote sur un pied aluminium ou acier. Kartell, Eros, création Philippe Starck 62 x 70 H.79cm.

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DOUX PÉTALE: Présenté en 2005 au Salon du meuble de Milan, ce projet est demeuré, allez savoir pourquoi, à l’état de prototype. Gageons que son designer, Oro Ito, n’a pas dit son dernier mot et que cette belle épure au accents “saariniens” finira bien par pousser quelque part ! Oro Ito pour B&B Italia, 2005

Charlotte Perriand, incarnation de l’ élégance

Née en 1903, elle fut l’une des rares femmes architectes d’intérieur du début du XXe siècle. Considérée comme l’une des créatrices de mobilier les plus célèbres des années 1950, celle qui aurait pu devenir une décoratrice bon chic bon genre a préféré se faire embaucher, à l’âge de 24 ans, par Le Corbusier.

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La Maison au bord de l’eau, dessinée par Charlotte Perriand et édifiée à l’occasion de la Miami Art Base 2013 dans le jardin de l’hôtel Raleigh, grâce au partenariat entre Louis Vuitton et la fille de Charlotte Perriand, Pernette Perriand. Elle est à vendre chez Sotheby’s.

Avec ce dernier et Pierre Jeanneret, elle forme un trio de génie. Après avoir réalisé de nombreux meubles en métal – bibliothèques, bahuts, armoires…-, elle se tourne davantage vers le bois et s’installe durant quatre ans au Japon. Le bambou, la paille et les branches d’arbres deviennent ses matériaux de prédilection.

Décédée en 1999, elle laisse une ouvre belle, fonctionnelle et d’une grande justesse.

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Bibliothèque “Nuage” de Charlotte Perriand chez Cassina, qui détient les droits mondiaux de l’architecte designer.